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Déjà très présents dans les services psychiatriques dans les années 1950, les psychanalystes se sont intéressés aux neuroleptiques dès leur introduction, en 1952. Bien que parfois réservé, voire ambivalent aux États-Unis, cet intérêt, qui s'est poursuivi pendant deux ou trois décennies, a donné naissance à de nombreux travaux qui, sous l'inspiration générale « psychanalyse et psychopharmacologie », ont exploré en fait des domaines très variés : modifications de la relation médecin-malade avec l'introduction des chimiothérapies, dimensions transférentielle et contre-transférentielle de la prescription et de ses effets, implications théoriques, pour les hypothèses métapsychologiques, de la découverte de produits psychotropes capables de modifier la clinique psychiatrique, etc. L'article qui suit reprend et développe la revue de la littérature (Kapsambelis, 1999 b) portant sur les principales publications de compréhension psychanalytique des effets des neuroleptiques ou « antipsychotiques ».
Les premières tentatives de compréhension des effets des neuroleptiques se sont tournées vers les hypothèses énergétiques et pulsionnelles de la métapsychologie. Orientation d'autant plus légitime que Freud lui-même l'avait anticipée : on connaît la fameuse citation de l'Abrégé de psychanalyse, « il se peut que l'avenir nous apprenne à agir directement, à l'aide de certaines substances chimiques, sur les quantités d'énergie et leur répartition dans l'appareil psychique » (Freud, 1939), complétée par une réflexion plus surprenante : « Les mécanismes des psychoses ne diffèrent pas dans leur essence de ceux des