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Pour la génération des psychiatres des années 1980, le courant dominant de pensée du temps de leur formation était la psychanalyse, les psychotropes avaient une place importante mais difficilement théorisable. Les tableaux des conduites à tenir du manuel de Ginestet et Perron-Magnan (1979), vademecum du psychiatre en formation, restent toujours valables. Cependant les connaissances neurobiologiques des mécanismes médicamenteux n'expliquent ni les modifications du comportement ni les changements relationnels.
La question de la signification d'une prescription demeure tout entière aussi bien pour le prescripteur que pour le patient. En fait on prescrit sa représentation personnelle du psychotrope (E. Zarifian, 1994). Certains traitent une maladie, d'autres des symptômes non spécifiques, d'autres encore considèrent le psychotrope comme un élément d'une stratégie thérapeutique plus globale. Si l'on se place dans cette dernière catégorie la stratégie thérapeutique visera par définition à l'amélioration de la qualité de vie du patient, ou comme le disait Freud, à la restauration de son pouvoir d'aimer et de travailler. Le moyen le plus approprié pour y parvenir, me semble-t-il, est de favoriser l'épanouissement du travail psychique en instaurant un processus de