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Esther a 28 ans. C'est une jolie jeune femme, de taille moyenne, plutôt menue. Elle est brune, de longs cheveux noirs encadrent son visage aux traits fins et réguliers. Ses yeux sont noirs et son regard est profond. Elle est avenante malgré la tension, l'angoisse et la perplexité qui transparaissent. Elle hésite un peu, mais assez rapidement, se laisse volontiers aller à parler. Elle raconte alors l'angoisse terrifiante qui peut l'envahir pendant plusieurs heures et la couper du monde. Elle raconte ses idées obsédantes incoercibles et pourtant si stupides. Son langage est précis, riche, imagé. Elle raconte son sentiment de déréalisation. « Je suis là et pas là. Je suis avec vous, mais ailleurs. C'est comme s'il y avait un voile, une sorte de brume entre le monde et moi. Je suis une étrangère, je ne me reconnais plus. »
Tout a commencé quelques mois auparavant. Elle était dans une soirée et en regardant une amie homosexuelle, elle a pensé qu'elle était elle-même homosexuelle. C'est pourtant impossible, dit-elle, puisqu'elle n'a aucune attirance pour les femmes. L'excitation psychique est perceptible ; les pensées s'enchaînent les unes aux autres, la parole coule à flots… Elle a bien fait une expérience homosexuelle à l'adolescence, mais n'a pas éprouvé de plaisir et cette idée maintenant lui fait horreur… Pourtant, c'est plus fort qu'elle, cette idée revient, s'impose à elle, la harcèle, la questionne sur son orientation sexuelle1. Elle vit avec un homme dont la religion différente de la sienne rend son amour impossible… Quelques mois avant cette soirée, elle avait subi