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Nous présentons un travail peu connu de P.-C. Racamier, en collaboration avec L. Carretier, datant de 19671. À Prémontré, entre 1952 et 1962, Racamier et son équipe (L. Carretier et C. Sens) ont pratiqué le nombre impressionnant de 2 000 cures de sommeil. Cette méthode de traitement n'est plus très utilisée aujourd'hui. Son intérêt, pourtant, sous la plume de Racamier, réside dans l'articulation d'une action médicamenteuse, d'une situation vitale spécifique à potentiel « régressivant », et d'un abord psychothérapique. En ce sens, c'est un exemple, très finement étudié par Racamier, de l'utilisation de la pensée psychanalytique dans la thérapeutique psychiatrique, question difficile que l'on doit toujours s'efforcer d'approfondir.
Il est d'abord intéressant de revenir sur le passé des cinquante dernières années et de situer cette approche dans le paysage psychiatrique des années 1950-1960. Schématiquement, alors que la psychiatrie n'est pas encore séparée de la neurologie (ce qui, rappelons-le, est postérieur à 1968), les neurologues traitent beaucoup de malades, surtout en clinique. Les psychiatres des hôpitaux psychiatriques accueillent les cas les plus graves. On compte alors sur le repos et l'isolement, et on utilise les premiers psychotropes sédatifs, les barbituriques, découverts au début du siècle, et les antihistaminiques, employés à partir de 1950. Un grand espoir se porte sur les méthodes de choc : les cures de Sakel, qui consistent en des comas insuliniques, les narcoses