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Les cures qu'on appelle biologiques en psychiatrie ne sont pas des cures réellement et purement biologiques. Ce sont des cures au déclenchement biologique dont le mode d'action est psychobiologique et dont l'exploitation majeure est psychothérapique.
Cela est bien connu, mais vaut qu'on le répète. On sait bien, pour les cures d'insuline ou de Sakel, que leur moment fécond, déclenché par un effet neurobiologique, est celui, principalement du réveil, où la relation psychothérapique vient prendre un singulier relief et un rôle indispensable. D'autres travaux, moins nombreux, ont montré tout ce qui se passe de psychologique dans la phase de réveil de l'électrochoc et tout le parti qu'on peut tirer psychothérapiquement. D'autres travaux, enfin, quant à l'action des neuroleptiques, vont bien plus loin que l'assertion courante, banale et point toujours convaincue ni vérifiée, selon laquelle ces médicaments favoriseraient la psychothérapie.
Ce qui est vrai de ces formes majeures de cures biologiques en psychiatrie l'est bien plus encore des cures de sommeil, que notre but dans ce travail est d'envisager sous leur aspect, dans leur fonction et leur contexte psychothérapiques.
Nous n'estimons en aucune façon que la cure de sommeil soit simplement une cure d'action neurobiologique. C'est, suscité par des moyens médicamenteux, un processus psychodynamique dont le sens et l'efficacité n'apparaissent qu'au regard psychothérapique.