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La lecture du travail de Benno Rosenberg, Le moi et son angoisse, m'a donné envie de réfléchir sur les problèmes que nous posent les patients dont l'angoisse, plus ou moins diffuse, est le symptôme principal, qu'elle soit permanente ou survenant par crises de panique. Depuis longtemps ils luttent contre elle. Mais la constitution de symptômes, évitements, déplacements ou fuite en avant ne leur suffit pas ; ils prennent donc des anxiolytiques, s'alcoolisent ou se droguent. Ce dernier moyen d'éviter le déplaisir anticipé est devenu de plus en plus fréquent, et les médecins eux-mêmes le favorisent par leurs prescriptions. Au moindre « danger », le patient se précipite sur son sédatif préféré qu'il garde à portée de la main et qui agit magiquement dès qu'il l'a avalé. Bien que son effet ne soit pas entièrement satisfaisant et qu'il demande des prises de plus en plus rapprochées, il ne peut y renoncer. Il a parfois tenté des psychothérapies ou même une psychanalyse sans y parvenir. Ces patients ne se plaignent pas de dépression, sauf par épuisement dû à leur anxiété, et pourtant les médecins qu'ils consultent les mettent sous antidépresseurs. Quand ils arrivent chez nous, ils sont médicamentés, souvent depuis plusieurs années. Ils demandent qu'on agisse vite, l'attente aggravant une souffrance insupportable.
Ils font remonter les premiers accès à leur enfance ou leur adolescence. Ils ont peur ! Peur du regard des autres, des critiques éventuelles, de l'hostilité, du rejet, de l'abandon, de la honte, peur de trembler, de bégayer, de s'évanouir, de perdre le contrôle d'eux-mêmes et de se ridiculiser, peur d'avoir peur. Des phobies d'impulsion ou des phobies circonscrites peuvent accompagner