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C'est à l'initiative d'universitaires britanniques désireux de célébrer le centenaire de l'Interprétation des Rêves que l'on doit ce numéro de Psychoanalysis and History, qui publie les communications présentées lors d'un Colloque tenu à Londres en mai 2000 et qui avait pour thème « Freud : Dreaming, creativity and therapy ». On sait l'importance pour Freud de la date de parution de cet ouvrage, et il n'est pas sans intérêt de préciser ses dates de parution tant en Grande-Bretagne qu'en France. Traduite en anglais cette même année 1900 par Joyce Crick, puis retraduite par James Strachey en 1954, La science des rêves ne parut en français pour la première fois qu'en 1926, dans une traduction de I. Meyerson, puis, dans une nouvelle édition révisée par Denise Berger en 1967 – dans une version plus complète qui inclut les préfaces et additifs apportés par Freud depuis 1925 – sous le titre de l'Interprétation des Rêves.
S'il n'apporte peut-être pas toujours des éléments novateurs, ce numéro a le mérite de resituer l'œuvre fondatrice dans son contexte historique et culturel, et surtout d'évoquer l'influence de l'ouvrage sur la pensée du XXe siècle et sur les théories de la représentation et de l'interprétation face à l'avènement des neurosciences.
Alors qu'il tente de reconstituer l'auditoire et le lectorat auquel Freud s'adressait, Edward Timms souligne le caractère juif de l'ouvrage qui ne vise pas à convaincre des psychiatres ou la communauté scientifique de l'époque, dont Freud se sent isolé, mais bien plutôt une bourgeoisie juive cultivée, laïque et libérale, sensible à l'herméneutique biblique. Les rêves, contrairement à l'approche qu'en fera Jung, sont à appréhender non pas dans leur dimension visuelle d'images, mais, dans leur analogie avec l'interprétation biblique, dans la traduction en mots à laquelle le récit du rêve est soumis. Soulignant également le caractère juif de la pensée freudienne, Stephen Frosh rappelle l'identification de Freud avec deux personnages b