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Ce numéro quelque peu spécial est consacré à la pensée de James Innes-Smith. Il s'agit d'un hommage que la RBP rend à un des membres les plus actifs de la Société belge de psychanalyse, dont il avait assuré aussi la présidence. Innes-Smith, qui aurait dû prendre la présidence de la Fédération européenne de psychanalyse, nous a quittés soudainement quelques mois auparavant, en janvier 1999.
Nous retrouvons ici réunis huit de ses articles majeurs : un choix qui illustre bien la pensée de cet analyste « venu de loin » – il était né à Édimbourg – et qui trouva en Belgique une terre d'accueil et d'épanouissement. Docteur en psychologie, il avait travaillé entre autres au Canada dans des institutions destinées à des enfants autistes, avant de se donner plus pleinement à la pratique de la psychanalyse.
C'est plutôt dans ses dernières années que cet Écossais, au contact facile et d'une grande ouverture à l'autre, comme nous le rappelle le portait d'A. de Rijck, va s'exprimer par des écrits théoriques. Une longue maturation de son expérience clinique précède donc son écriture psychanalytique, concomitante à ses engagements dans les politiques de l'institution analytique belge et internationale.
Jean-Marie Gauthier témoigne, dans un bel article, de son souvenir de l'Innes-Smith formateur, un formateur qui se questionne en profondeur sur les implications de la transmission en psychanalyse. À ce sujet, on peut lire attentivement son article de 1990, intitulé « L'auto-analyse de l'analyste formateur ». On peut y apprécier l'attitude de l'auteur et le travail de contre-transfert qui l'alimente, nous montrant ainsi l'ampleur de sa réflexion à ce sujet, de même que ses vues si révélatrices d'un souci majeur pour un maintien de qualité dans la chaîne de filiation analytique. Cet article développe et complète la réflexion déjà entamée dans « La neutralité de l'analyste », publié la même année.
La référence à des auteurs tels que Fairbairn – qui fut son analyste –, Winnicott, Tustin est c