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« Ces tableaux, qui impressionnent par leur rigidité et par les limitations qu'ils imposent à ceux qui en souffrent, mériteraient d'être considérés comme un système de fortifications entretenu contre la possibilité qu'il faut toujours tenir la plus éloignée, celle de voir apparaître dans la psyché une véritable organisation œdipienne, considérée en fin de compte comme le danger suprême. Ce danger est celui que l'avènement de l'Œdipe par sa seule installation menace : la rupture de la relation à l'objet primaire. »
La problématique du traumatisme parcourt toute l'œuvre de Freud. Comme le rappelle T. Bokanowski, ce concept va se modifier après le tournant de 1920. Freud l'appréhende, dans le cadre de la première topique, comme un événement se référant au sexuel. Dans L'homme Moïse, intégrant l'apport de Ferenczi sur le trauma narcissique, il l'envisagera, avec la notion de blessures précoces du moi, sous l'angle d'une atteinte des assises narcissiques du moi. Au vertex du trauma-événement répondrait ainsi un autre vertex, celui des effets de son impact sur les matrices du fonctionnement mental. C'est dans ce même texte que Freud évoquera explicitement le traumatisme dans la perspective d'une double valence : la compulsion de répétition, mémoire de son potentiel désorganisateur, répétition d'un vide, serait aussi espoir d'un après-coup.
Cette double valence du trauma, sur laquelle revient à de multiples reprises Catherine Couvreur, était déjà implicitement présente au tout début de l'œuvre freudienne. Dans « L'Esquisse » en effet, Freud déploie, en contrepoint du cas Emma, une rêverie théorique dans laquelle il figure un engendrement traumatique de la psyché. Dans ce mythe d'origine, il conçoit la naissance à la vie psychique comme le produit d'une réaction du tissu psychique