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Pour rendre compte, aujourd'hui, de la théorie du traumatisme en psychanalyse, il est nécessaire de renverser la chronologie de son élaboration théorique, et de considérer deux paramètres :
— le traumatisme, comme agent d'une déliaison pulsionnelle ;
— les séquelles du traumatisme qui constituent et agissent comme une source pulsionnelle secondaire.
Ainsi, lorsque l'on est conduit à parler du traumatisme l'on est tout autant conduit à évoquer l'histoire de la théorisation du concept, qu'à envisager ses implications théorico-cliniques et théorico-pratiques, elles-mêmes liées à l'évolution de la théorie et qui aboutissent à devoir penser le traumatisme en termes de bloc « défense/trauma ».
Concept central au sein de l'appareil théorique de la psychanalyse, le traumatisme garde cette place tout au long du développement de l'œuvre de S. Freud qu'il traverse de bout en bout (de l'Esquisse, 1895, à L'homme Moïse, 1939) en subissant, au gré des avancées, d'importants remaniements sur le plan métapsychologique, du fait, entre autres, des propositions avancées par S. Ferenczi lors des dernières années de sa vie (1928-1933).
Trois moments peuvent être dégagés :
A / Une première période qui va de 1895 à 1920.
Le traumatisme se réfère au sexuel et, de ce fait, était intimement lié à la théorie de la séduction : ce modèle, qui désigne l'action de la « séduction »