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Elle court, éperdue, dans ce couloir qui lui paraît immense. Elle veut fuir, elle veut partir, elle veut tout quitter. Comme dans un cauchemar, il lui semble qu'elle se meut avec difficulté, que son corps ne lui obéit plus. Elle sait qu'il se rapproche d'elle, qu'il va la rattraper. Elle sait maintenant qu'elle n'y parviendra pas. Elle sent alors ses deux mains, à lui, se poser sur son cou, à elle. Dans un trouble inexprimable, elle se sent fléchir et tomber avec une lenteur horrible, tandis que la tenant toujours fermement par le cou, il la ploie et la couche sous lui… son père.
Garance est blonde, élancée, plutôt jolie, gracieuse dans ses mouvements, apprêtée avec goût dans sa mise. Garance a 18 ans.
Garance vient me voir pour « des entretiens », car elle a souffert et souffre encore, «jusqu'au supplice » me dira-t-elle, de phobies d'impulsion qui l'ont terrifiée et qui ont alerté sa famille.
L'idée d'agresser physiquement l'autre, toujours de l'autre sexe, peut surgir, à l'improviste, dans une gamme allant du simple geste impulsif (lancer quelque objet, un verre, un cendrier, un couteau, même, sur son interlocuteur) à la fureur meurtrière (déchiqueter l'autre, le réduire en petits morceaux, l'anéantir).
En séance, pendant les entretiens, Garance me dira qu'elle peut avoir ce type de pensées à mon égard, qu'il peut se faire qu'elle soit brusquement envahie par l'envie de me jeter quelque chose à la figure.