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Dans ce texte, après une brève parenthèse historique concernant l'évolution des problématiques liées à la suggestion dans le cadre de notre discipline, je passerai en revue quelques éléments transférentiels et contre-transférentiels en corrélation avec ce thème, pour examiner ensuite les possibles effets traumatiques à l'intérieur de la relation analytique.
La psychanalyse plonge ses racines dans l'hypnose et en recueille « l'héritage » (Freud, 1923). Freud chercha à approfondir et utiliser cette méthode de cure basée sur la suggestion, au cours des années 1887-1892, à la suite des expériences réalisées à Paris, à l'hôpital de la Salpêtrière, avec Charcot et à l'école de Nancy, avec Liébeault et Bernheim.
Après une période de pratique hypnotique, Freud commença, avec le cas de Emmy von N., à expérimenter celle qu'on appelle méthode cathartique de Breuer, cherchant ainsi à transformer les patients d'objets passifs de ses investigations en sujets capables de « parler ». Bien évidemment, même si Freud continuait à maintenir son autorité, dans le sens que c'était lui qui décidait quel était le sens des histoires qu'il recueillait, un pas décisif avait été fait en déstructurant en quelque sorte la relation autoritaire traditionnelle médecin-patient. Et c'est dans l'utilisation de la méthode cathartique, que Freud va situer l'origine de la psychanalyse (Freud, 1903, 1914).
Le traitement du cas de Lucy, à la fin de l'année 1892, marqua un tournant crucial dans la pratique clinique de Freud, lorsqu'il passa à une technique rudimentaire basée sur l'usage des libres associations, considéré comme une alternative fondamentale, à l'altération de l'état de conscience provoqué par l'hypnose (Freud, 1923). Je ne vais pas m'arrêter sur les raisons bien connues, comme par exemple les avances érotiques « traumatiques » (Rouart, 1976) de Lucy à son réveil de la transe, qui amenèrent Freud à délaisser ce procédé pour évaluer l'importance du « facteur subjectif» pour une méthode