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Le texte qui va suivre, destiné à une communication orale, a été présenté à titre de contribution clinique au colloque interne de la SPP de mars 2001, dont les travaux portaient sur « Le fonctionnement psychique et l'addiction ». Il peut cependant contribuer à ce volume car il illustre la pertinence du modèle de la séduction traumatique dans la psychothérapie d'un jeune adulte toxicomane.
Il me semble, en effet, que la consommation de « drogue », lorsqu'elle survient à l'adolescence, comporte une dimension traumatique que le discours sur la jouissance et la question de l'autothérapie antidépressive et/ou sédative risque de négliger. Je me suis souvent demandé de quels effets pouvait être porteuse la fascination des adultes - relayée par les productions culturelles ordinaires - pour cette jouissance, et qui leur ferait ne pas entendre et ne pas voir les signes d'effroi contenus dans les propos et dans les actes de ces adolescents. Cet effroi nous ne le retrouvons plus chez « le vieux routier ». A-t-il fini par s'en rendre maître, grâce à l'addiction ? La question est posée.
L'intérêt d'étudier la dimension addictive commune, par exemple à l'anorexie et à la toxicomanie à l'adolescence, ne doit pas nous faire négliger d'explorer l'originalité propre à chacune. Or l'originalité de la conduite toxicomaniaque c'est la rencontre fortuite, je préfère même dire accidentelle, d'un sujet avec le produit qu'il élira. Quand bien même cette rencontre serait surdéterminée par l'offre envahissante conjuguée à de possibles prédispositions, elle n'en conserve pas moins son caractère accidentel, et ce sont les séquelles de cet accident à l'adolescence que j'ai souhaité ne pas minimiser dans mon travail.