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Attente indéfinie d'une jonction avec soi-même : tel sera le destin de Narcisse.
Destin peut-être tranché, dans sa préhistoire oraculaire, au moment de la violence infligée à la mère. L'histoire offerte est celle d'un cours d'eau qui s'arrête, lors de sa jonction forcée avec un autre cours qui le capture, comme si tout lieu de confluence se trouvait marqué du signe d'une violence irrémédiable. Violence pétrifiante.
Une patiente régulièrement frappée, selon ses propres termes, de pétrification2, de sidération, de tétanisation, de paralysie, d'une mort interne, états psychiques toujours suivis d'une menace à la fois tenace et attirante d'effondrement, m'a amenée à réfléchir à la place et à la signification du perceptif dans un tel fonctionnement et sur les difficultés transférentielles et contre-transférentielles qui en découlent. Deux éprouvés s'affrontaient régulièrement au cours de ses associations en lien avec une problématique de séduction traumatique : celui de sidération, lié à un excès du perceptif brouillant les repères spatiotemporels, vécu dans la fascination, et celui d'effondrement des limites psychiques, qu'elle rapportait comme un mélange d'effroi et de jouissance. La menace qui en faisait partie semblait s'adresser à l' « institution du Self unitaire »