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« La bête humaine a quand même grand besoin d'être domptée. »
Cet article a pu être écrit grâce au travail du groupe du Parent-Infant Program de l'Université de Columbia à New York. Qu'il en soit remercié.
Le Mardi 11 Septembre 2001 à New York, deux avions transformés en bombes humaines ont détruit les deux tours du World Trade Center, tuant 2 870 personnes. Le même jour, le Pentagone à Washington était attaqué, laissant 184 morts, et un avion détourné pour commettre un autre attentat s'écrasait en Pennsylvanie, faisant périr 40 passagers.
On estime à environ 15 000 ceux qui ont pu échapper à la mort dans le World Trade Center, survivants parce qu'ils ont décidé de fuir à temps, parce qu'ils ont été sauvés par les pompiers ou qu'ils ont tout simplement eu de la chance.
Habitant Manhattan, j'ai été témoin de cette destruction, de la mort, de la peur et des conséquences de ce choc.
L'impact émotionnel a été tel qu'il a été impossible pendant longtemps de trouver la possibilité de penser, de contenir les débordements affectifs, de construire des éléments d'analyse. La population américaine est passée immédiatement à l'action pour offrir tous les services nécessaires. Les psychanalystes ont participé à ce mouvement de solidarité. Le groupe dans son action collective a permis de partager des émotions si désorganisées et de contenir la violence des réactions. Agir, soutenir, aider, participer à l'intensité du mouvement d'ensemble de la société new-yorkaise, ont formé les premiers soutiens à la pensée défaillante.