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Ce condensé de différents articles où j'ai essayé de transmettre mon expérience de psychanalyste dans la thérapie des patients ayant subi des situations d'extrême violence intentionnellement provoquée, pourrait aussi bien s'appeler « résignation ou défi ». Résignation ou défi, c'est le dilemme quotidien de chaque moment de la cure, tant pour le patient que pour l'analyste.
J'observe que chaque fois que j'ai à rédiger une contribution ayant trait aux situations d'extrême violence sociale, je ressens une intense opposition à me remettre au travail. Je ne réussis à sortir de cette désagréable impasse que si je retrouve en moi une attitude de dénonciation (ou même de défi) qui aurait une utilité ou donnerait un sens. Pour faire une « contribution scientifique » sur ce thème, il faudrait faire « comme si » nous n'étions pas ici et maintenant, transsubjectivement liés à la violence extrême et au danger d'une évolution de la psyché humaine vers un cynisme à outrance qui est devenu, pour chacun, banal et familier. Nous prenons déjà comme allant de soi la « mise en masse » et la « transformation en chose » du sujet humain, de plus en plus acceptées comme une évidence inéluctable. C'est pourquoi, pour pouvoir parler des situations d'extrême violence institutionnalisée, il me faut retrouver en moi-même, et assumer, « une philosophie du refus de la fatalité », comme dit Lévinas.
Même si nous nous sommes apparemment « adaptés » jusqu'à l'indifférence à la violence sociale massivement présentée par les médias, on peut soupçonner que notre « participation » inconsciente est toujours intense : car nous sommes confrontés à de douloureuses identifications : c'est bien la psyché humaine qui a inventé la torture technologique de nos jours, les camps de