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Sous ce titre quelque peu provocant, nous souhaitons faire part des réflexions suscitées autant par notre pratique d'analystes d'enfants que par l'observation de phénomènes collectifs qui se déploient dans notre société depuis quelques années, en rapport avec les questions d'inceste et de pédophilie. L'articulation des points de vue intrapsychique et collectif nous ont amenées à envisager quelques hypothèses de travail ; notre questionnement et notre angle de vue sur la question s'écartent des avenues balisées par l'idéologie en vigueur pour se décentrer vers ces zones obscures du psychisme dont les manifestations individuelles ou collectives sont les plus déconcertantes.
Un peu plus de cent ans après la naissance de la psychanalyse, l'idée de la sexualité infantile entraînerait-elle la sécrétion de nouvelles résistances dont les modalités d'expression propres à notre époque seraient à définir ? La diffusion et la vulgarisation de la pensée psychanalytique ont-elles contribué, comment et dans quelle mesure, au développement de ces nouveaux modes de résistance ?
L'institutionnalisation de ces questions a créé emplois, postes de recherche et un bourgeonnement d'associations en tous genres ; il s'en est suivi un phénomène de lobbying dont on connaît malheureusement certains effets : — défaillance, ou pire, absence d'une pensée rigoureuse sous-tendant l'action, — confusion possible entre les rôles : Est-ce l'institution qui se met au service de ceux qu'elle prétend secourir ou sont-ce ces derniers qui, en toute méconnaissance de part et d'autre, seraient chargés d'assurer la cohésion et la survie de l'institution ?
Nous envisagerons plus loin, du point de vue de l'analyse, les mécanismes inconscients qui nous paraissent ici à l'œuvre. Soulignons seulement pour l'instant les liens inconscients qui unissent désir d'aide et désir de maîtrise.