You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« La lune, disent les Orientaux, a plusieurs facettes. Lou, elle aussi, avait de multiples faces. Son image apparaît sous une étonnante variété de formes et de couleurs », déclare son biographe H. F. Peters, dans Ma sœur, mon épouse, paru à New York en 1962 et traduit de l'anglais en 1967.
Une des facettes serait-elle sa rencontre avec Freud et sa passion pour la psychanalyse ? Pourtant, dès cette première biographie qui permit de révéler Lou Andréas-Salomé au plus grand nombre, l'unité de sa personne et de sa quête est déjà décelable. Une quête qui, dans sa continuité et sa constance, la conduit jusqu'à Freud auprès duquel elle découvre tout à la fois la confirmation de ses intuitions premières et une ouverture à un nouveau mode de pensée : « Si je regarde en arrière, écrit-elle tardivement, j'ai le sentiment que ma vie était en attente de la psychanalyse depuis que j'ai quitté l'enfance. »
Parce qu'elle avait été l'amie de Nietzsche et qu'elle gardait toujours un lien solide avec Rilke, Lou Andréas-Salomé, par sa vie tumultueuse, fascine, et les biographes ne manquent pas de s'attarder sur cet aspect. Mais pour le lecteur psychanalyste, la relation avec Freud et avec la psychanalyse, trop rapidement évoquée dans le livre de H. F. Peters, n'en finit pas d'apporter son lot de réflexions et d'interrogations. Dans sa nouvelle biographie, Lou Andréas-Salomé, l'alliée de la vie, parue dans l'année 2000, Stéphane Michaud consacre une part importante de son livre à la rencontre et aux échanges avec Freud, et ses recherches d'archives et de documents, jusque-là inexplorés, lui permettent, outre l'intérêt historique qu'on y peut trouver, de dessiner des