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« Je pense en avoir soulagé plusieurs. Je sais n'en avoir guéri aucun. »
Patrick Declerck, psychanalyste, philosophe de formation, docteur en anthropologie et membre de la Société psychanalytique de Paris, a passé quinze ans à rencontrer des clochards : ce livre reprend sa thèse ethnologique (atypique prend-il soin de préciser) pour laquelle il a vécu des expériences d'immersion, se faisant par exemple recueillir et amener parmi les SDF au CHAPSA de Nanterre (Centre d'Hébergement et d'Assistance aux Personnes Sans Abri). Il a également assuré une permanence d'écoute de Médecins du Monde (1986-1987) puis une consultation psychanalytique, de 1988 à 1997 au centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, institution spécialisée dans l'accueil sanitaire de cette population. De 1993 à 1995, il a fait partie de l'équipe de Xavier Emmanuelli (successeur du Dr Patrick Henry), avant la nomination de celui-ci comme secrétaire d'État à l'action humanitaire.
Patrick Declerck retient le terme « clochard », faute de mieux, pour désigner le « noyau dur » des personnes les plus désocialisées pour qui la misère se double d'un total abandon de soi sans aucune attention au corps, au point parfois de déféquer sur eux, ou de ne pas soigner leurs blessures, voire de les aggraver.
L'ouvrage est composé de deux parties, intitulées « Routes » et « Cartes » : « Routes » propose des témoignages, des histoires de vie et des vignettes cliniques, qui tentent de rendre compte de la vie des clochards, de quelques profils habituels et de quelques individus remarquables. « Cartes » est une conceptualisation essentiellement psychanalytique, qui dégage et analyse le syndrome de la grande désocialisation, mais qui développe aussi une réflexion critique acérée sur les pratiques d'aide et sur la société des « normaux ».