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La psychanalyse est une anthropologie écrit Jean-Paul Valabrega dans son introduction du volume 75 intitulé Psychanalyse et anthropologie, titre qui se réfère au travail de Geza Roheim : À la mémoire de S. Freud. Si l'individu et la société restent des objets distincts tout autant qu'ils demeurent inséparables et irréductibles l'un à l'autre, cette affirmation qui souligne l'intrication des champs qui concernent l'humain ne gomme-t-elle pas une part de sa spécificité au champ de l'investigation psychanalytique, dialectique de l'intrapsychique et de l'intersubjectif ? Il me semble que Jean-Paul Valabrega est très proche des thèses des anthropologues lorsqu'il dénonce les oppositions dualistes, s'attachant alors davantage aux recherches extraanalytiques même s'il n'oublie pas ensuite de les dialectiser avec la théorie freudienne.
Jacqueline Duvernay-Bolens dans son texte « La théorie de la récapitulation de Haeckel à Freud » resitue les développements freudiens dans la perspective évolutionniste et matérialiste qui tentait de dégager des caractéristiques universelles. La théorie de la récapitulation propose une théorie de la descendance dans laquelle le développement embryologique rejoue à chaque fois toute l'évolution de l'espèce. Les scientifiques de la fin du XIXe siècle poursuivent une quête évolutionniste des origines, qui tend à démontrer « un rapport de cause à effet tel que la phylogenèse est la cause de l'ontogenèse ». Jacqueline Duvernay-Bolens étudie de ce point de vue trois textes de Freud : « Trois essais sur la théorie de la sexualité », « Totem et tabou », « L'homme Moïse et la religion monothéistes », œuvres qui n'ont cessé d'alimenter les polémiques. Bien que les recherches socio-anthropologique et scientifique d'aujourd'hui repoussent les limites, elles apportent davantage de complexification que de réponses à ces questions.
On ne peut certes ignorer que les phénomènes psychiques reposent sur un substratum biophysiologique. Mais si l'existence d'un sub