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Freud écrivait en 1905 : « Il y a des impulsions hostiles originelles : l'agression est une source de plaisir dont nous prive la civilisation. » Il ouvrait ainsi, pour la psychanalyse, un champ conceptuel complexe dont la richesse même a été source de confusion car le terme d'agression renvoie simultanément à la phénoménologie la plus commune, à la biologie, à l'éthologie, à la clinique psychiatrique et criminologique, aux commandements moraux… tandis que « le plaisir à l'agression » introduit l'idée d'une force psychique qui cherche à se satisfaire. L'association de l'agression et du plaisir qui compose le sadisme ouvre en effet différentes perspectives :
— le sadisme comme perversion : il est fait des conduites visant à obtenir une jouissance sexuelle par des souffrances de tous ordres infligées à autrui, parfois susceptibles d'aller jusqu'au meurtre ;
— le sadisme dans la vie sexuelle ordinaire et singulièrement la place des fantasmes sadiques dans le déroulement de celle-ci, leur inhibition pouvant entraîner sa paralysie ;
— le rôle du sadisme et des fantasmes sadiques dans la vie quotidienne : chasser, tuer un animal de basse-cour, mais aussi infliger une punition, interdire, contraindre, faire payer, se défendre… Depuis les comportements mineurs de transgression jusqu'aux « petits côtés pervers » ancrés dans le caractère, le sadisme est omniprésent dans la vie sociale. La société contemporaine semble le découvrir et s'emploie aussitôt à le condamner sous les espèces du harcèlement sexuel et moral ;
— le sadisme dans la vie psychique : composantes agressives de la vie pulsionnelle qui fusent vers l'objet et contribuent à organiser le psychisme des êtres humains et leurs relations. Décrit par Freud sur le versant masochique, « Un enfant est battu »1 constitue l'un des fantasmes fondamentaux de la vie psychique.