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Jean Clair1, dans un article intitulé « Le surréalisme et la démoralisation de l'Occident » (Le Monde, 22 novembre 2001), article remarqué et fortement critiqué par ailleurs, relevait dans plusieurs écrits surréalistes la présence d'appels à la destruction de l'Occident par les hordes barbares. L'auteur commence en se référant à une carte du monde publiée en 1929 par les surréalistes dans la revue Variétés dessinée selon l'importance que ceux-ci accordaient aux différents pays dans la genèse de leurs idées et de leurs œuvres. Les États-Unis en sont absents tandis que l'Afghanistan y occupe une place démesurée.
Jean Clair met en exergue l' « imagination destructrice » des surréalistes, leur haine de l'Amérique, la fascination qu'exerce sur eux un Orient barbare et vierge car non pollué par la civilisation, synonyme de matérialisme. Il cite Aragon (La Révolution surréaliste, n° 4, ) :
Nous minerons cette civilisation qui vous est chère… Monde occidental tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l'Europe… Vous voyez comme cette terre est sèche et bonne pour tous les incendies…
Que les trafiquants de drogue se jettent sur nos pays terrifiés. Que l'Amérique au loin croule de ses buildings blancs…
Jean Clair rappelle que l'acte le plus simple préconisé par les surréalistes était de descendre dans la rue et de tirer sur le premier passant venu.
Il va de soi que ce propos bien connu relève de la provocation. Mais le contenu d'une provocation est souvent un indicateur de l'état d'esprit d'une collectivité ou d'une partie significative de celle-ci. Provoquer c'est d'abord « appeler » et l'on ne crie pas dans le désert sans attendre au moins un écho à l'appel émis. La provocation est une sorte d'interprétation sauvage qui atteint