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Selon Freud, l'agressivité est l'orientation vers l'extérieur des pulsions destructrices. Théoriquement parlant, l'agressivité n'est pas envisagée différemment selon le sexe. Néanmoins, sa nature et sa fonction nous conduisent à questionner son expression spécifique dans la sexualité féminine. En contradiction avec l'homme, l'intégration de l'agressivité dans l'identification féminine paraît moins évidente.
Chez l'homme, l'identification masculine fait appel à l'agressivité, à la fois dans l'accomplissement de la fonction sexuelle et dans plusieurs activités qui impliquent des pulsions inhibées quant au but et des déplacements, essentiellement sociaux, comme la compétition professionnelle, les sports, les jeux y compris le jeu tragique de la guerre. Bien sûr, l'évolution des mœurs dans certaines sociétés conduit un nombre croissant de femmes à partager de telles activités avec les hommes, dès l'enfance. L'ouverture aux femmes des activités sociales jusque-là réservées aux hommes a amené une atténuation de la différence des sexes dans ses aspects sociaux. Cependant nous souhaitons souligner qu'une telle atténuation est pour sa plus grande part superficielle. L'opinion de Freud que ce qui est répudié par les deux sexes, c'est la féminité, peut être rappelée de manière justifiée.
De ce point de vue, qu'est-ce que deviennent les pulsions agressives de la femme ? La question peut être examinée sous deux angles : 1 / l'antagonisme entre les pulsions érotiques et destructrices, et 2 / l'antinomie des identifications rattachées à la différence des sexes.
Comment la femme peut-elle intégrer les pulsions destructrices alors que son développement libidinal ne facilite pas la décharge et le déplacement ?