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« Là où j'en suis maintenant, j'aimerais vraiment beaucoup pouvoir jeter des passerelles. »
Si l'œuvre de Winnicott est abondamment lue et commentée, on peut cependant penser que son apport à notre compréhension du sadisme est relativement méconnu et ce même si le concept de destructivité occupe une place centrale dans sa métapsychologie. Son opposition déclarée au concept de pulsion de mort a vraisemblablement contribué à laisser quelque peu dans l'ombre la richesse de ses intuitions théoriques et cliniques concernant ce qu'il désigne comme « les racines de l'agressivité ».
On peut comprendre dès lors qu'il éprouvera, tardivement, le goût des passerelles alors que telle n'est pas une pente naturelle de sa pensée : « J'ai besoin de parler comme si jamais personne n'avait étudié la question avant moi », afffirme-t-il dans ses Conversations ordinaires (D. W. Winnicott, 1970), ceci sans compter un malaise certain à remettre en question ce qu'il appelle « la théorie orthodoxe » (D. W. Winnicott, 1969) de l'agressivité; en effet, il reportera indéfiniment la publication d'un ouvrage-synthèse, dont il a débuté la rédaction en 1956. Il fera état de ses hésitations dans une note en bas de page de cet ouvrage finalement publié… à titre posthume (D. W. Winnicott, 1988). Si nous avons maille à partir avec le sadisme, il semble que le champ conceptuel ne soit pas épargné.
Les pulsions de destruction représentent un concept-relais qui nous sera utile dans l'étude des points de rencontre et des points de rupture entre la pulsion de mort de Freud et la destructivité de Winnicott. Au passage, nous pourrons souligner comment l'un et l'autre, selon des modalités différentes,