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Comme beaucoup de concepts utilisés en psychanalyse quand il s'agit de sexualité ou et plus encore de perversion, le concept de sadisme souffre d'une ambiguïté liée à ses origines. Décrit dans un premier temps à propos de comportements ou de mode d'action et d'interaction sur l'autre, il a été petit à petit utilisé pour décrire « analogiquement » des positions subjectives, des représentations organisées en fantasmes, voire des mouvements ou des « motions » intrapsychiques qui ne s'accompagnent pas de manifestations comportementales. On est passé du comportement ou de l'interaction aux fantasmes qui semblent sous-tendre ceux-ci, comme si l'un impliquait naturellement l'autre, comme si une ligne directe reliait comportement et représentation, comme si le comportement n'était que la traduction agie d'un fantasme ou d'une organisation représentative, comme s'il était simple réalisation de désir.
L'avertissement de Freud concernant leurs rapports « en négatif » (j'évoque ici bien sûr « la névrose comme négatif de la perversion ») n'a pas toujours été entendu et n'a pas toujours impliqué la réflexion qu'il imposait. On passe ainsi souvent allègrement de la scène du fantasme, du scénario fantasmatique, supposé inconscient, à la scène du rapport à l'autre, scène manifeste, obscène1, à celle de l'action sur l'autre, qui elle est délibérée et pas inconsciente. L'objet, qui en psychanalyse désigne la représentation d'objet de la pulsion, donc la représentation interne, est ainsi superposé à l'autre, à l'objet externe. « L'ombre de l'objet tombe sur l'autre », pourrait-on dire, pour souligner la composante narcissique d'un tel mouvement. Une première