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Je verserai dans l'oreille de celui-ci la pensée pestilentielle.
L'effort des civilisations est justement d'effacer ce besoin sauvage de se jeter sur son semblable, quand il n'est pas tout à fait semblable.
Dans les groupes restreints, comme à l'échelle des peuples, ceux qui sont le plus orientés vers un fonctionnement pervers réussissent périodiquement à susciter des agirs sadiques.
Si la structure psychique des suiveurs ne relève pas, a priori, de la perversion, nous allons chercher quelle est la nature de la collusion inconsciente qui s'établit entre l'inducteur et ceux qu'il manipule.
Quels sont alors les mécanismes venant lever les inhibitions liées au surmoi, au point qu'une « solution sadique » puisse venir s'imposer sur un plan collectif, avec les conséquences les plus délétères ?
Dans ce cas, le lien social en viendrait-il à se reformer sur le plaisir pris en commun à la haine et à son exercice ?
Fin connaisseur des perversités humaines, Shakespeare nous a livré dans le couplage Iago-Othello, une sorte de modèle du processus d'induction du sadisme.
D'entrée de jeu, Shakespeare1 nous montre la blessure de Iago. Othello a donné à Cassio le poste de lieutenant qu'il convoitait; Iago pense qu'il vaut