You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Franz Kafka a observé que le fait fondamental de l'enfance est la lente, continuelle et forte intégration de l'enfant dans le grand mensonge qu'était pour lui l'hypocrisie de la civilisation. Freud fait bien entendu une remarque proche de celle de Kafka quand il suggère que la civilisation engendre des malaises car le processus civilisateur repose sur la répression d'instincts ou de besoins qui, par la suite, ne cesseront de chercher à s'exprimer ou à être satisfaits.
Freud voyait une autre possibilité que celles de rejeter totalement le grand mensonge de la civilisation ou de se rebeller sporadiquement contre celui-ci. Il lui semblait que le moi pouvait, en se déformant lui-même, éviter une confrontation directe entre ses propres besoins et les exigences de la civilisation. « De cette façon, concluait-il, les incohérences, les excentricités et les folies des hommes apparaissent sous un jour similaire à leurs perversions sexuelles, à travers l'acceptation desquelles ils s'épargnent eux-mêmes des refoulements » (Freud, 1924).
Maintenant la socialisation de l'enfant commence le jour de sa naissance et nous savons que chaque nouvelle phase du développement construit sur les précédentes d'une façon qui amène des transformations. Mais dans notre culture, la phase anale est une des principales périodes de forte socialisation de l'enfant, celle où l'apprentissage de la propreté et les luttes obstinées avec les parents s'imposent à l'enfant normalement de façon cruciale; on parle de cette période où il est constamment assailli d'interdictions — telles que : « Ne tape pas là-dessus ! », « Ne casse pas cela ! », « Ne te sauve pas ! » — comme