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La notion de « sadisme », contrairement à nombre de concepts utilisés par les psychanalystes, n'a pas tiré son origine des travaux de Freud ou de ses successeurs. Ce n'est certes pas le seul concept ayant connu un tel sort. Mais nous pouvons constater que, d'une façon générale, les termes empruntés à d'autres problématiques portent en eux des risques d'approximation, voire de confusion dans la façon dont ils vont se voir compris par la suite par un psychanalyste.
Le terme de « sadisme » quant à lui s'est vu utilisé dans des sens assez différents par les sexologues, ou les sociologues ou encore les différentes variétés de psychopathologues. Le psychanalyste ne peut s'estimer autorisé à choisir entre de « bonnes » ou de « mauvaises » définitions parmi les utilisations de ce terme proposées par les uns ou les autres. Tout en respectant la problématique particulière à chaque discipline, il nous faut reconnaître les différences existant, de fait, entre les façons d'envisager le sadisme, selon les angles variés d'abord de ce problème. Comme c'est le cas de tous les mots qu'on appelle « les faux-amis », en référence aux traductions possibles de termes de même consonance mais appartenant à des langues différentes et possédant du même coup des sens différents selon l'identité de celui qui les emploie. Cela ne facilite pas la communication mais risque au contraire d'induire quelques quiproquos.
Freud semble avoir fait usage pour la première fois de l'adjectif « sadique » dans l'édition de 1909 du quatrième chapitre de sa seconde édition de la Traumdeutung. Il considère d'emblée le sadisme comme une conséquence et un retournement du masochisme. Nous savons que sa conception des rapports du sadisme avec le masochisme a connu certaines variations. Sans que