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La compréhension psychanalytique des rêves n'offre plus beaucoup matière à réflexion aux psychanalystes en France; même le centenaire de la parution de L'interprétation des rêves n'a pas été l'occasion de publications significatives. Le livre de J.-M. Quinodoz a le grand mérite de continuer à alimenter notre réflexion et notre intérêt pour ce qui est tout de même, selon Freud, la via regia vers l'inconscient; en outre, l'auteur réfléchit au rêve dans une perspective kleinienne; enfin, sa problématique alimente aussi la réflexion sur la valeur et la fonction de la régression, récemment discutées par C. et S. Botella. Autant de bonnes raisons de lire ce livre.
En effet, tout au long de la lecture, nous voyons primer le mouvement psychique régression — intégration car c'est ce qui distingue, au fond, les rêves à caractère paradoxal évoqués par l'auteur : ils marquent une étape dans les processus d'intégration psychique malgré leur apparence régressive; or, en France, nous parlons souvent de la régression et peu de l'intégration, notion plutôt kleinienne (et winnicottienne)2. Il est donc intéressant de voir comment l'auteur la présente; la capacité accrue d'intégration du patient est l'indice de la guérison et peut s'apprécier selon des critères externes : disparition des symptômes, de l'angoisse, levée de l'inhibition, et internes : diminution de la projection au profit de l'introjection, capacité de passer de la position paranoïde-schizoïde à la position dépressive, perception de l'analyste comme personne séparée, prédominance de l'amour sur la haine et tolérance des affects tristes et sombres.