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La psychanalyse, telle qu'elle nous fut léguée par Freud, est essentiellement une « cure de paroles ». Les conditions du cadre le spécifient: la règle d'association libre invite l'analysant à exprimer verbalement ce qu'il pense et ressent. L'analyste utilise l'interprétation comme outil privilégié. Le travail analytique se déploie grâce et par le langage au travers duquel s'expriment les représentations et les affects. Les effets d'amélioration du fonctionnement psychique sont attendus de l'échange de mots qui verbalisent la réalité psychique de l'analysant.
Les enjeux de cet échange verbal se sont modifiés avec l'évolution de la compréhension du fonctionnement psychique. Dans les premiers temps de l'analyse, l'accent fut mis par Freud sur la prise de conscience de l'inconscient. Les mots de l'analyste expriment ce qu'il estime être le « sens latent » du discours de l'analysant, fil conducteur vers la remémoration d'un passé refoulé.
Au seul travail de verbalisation de la mémoire, d'autres paramètres opérationnels sont pris en considération dans l'évolution de la théorie de la technique. Parmi ceux-ci, mentionnons dès à présent le transfert; considéré d'abord par Freud comme entrave à la remémoration, il devint ensuite un « levier de la cure ». Nous aurons à y revenir largement pour le propos qui est le nôtre. Disons-en déjà qu'il introduit la dimension relationnelle dans la cure dans le même temps qu'il interpelle le domaine de l‘affect mais surtout, pour ce qui nous concerne, celui de l‘agir.
La découverte du transfert intronise également la notion de « névrose de transfert », reviviscence et représentation progressives dans la cure de la névrose infantile, conception du travail analytique à laquelle nous restons fidèles en tant