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« L'analyse n'opère que par la voie du langage et ne peut que passer par le filtre des mots, même quand on veut réserver la place des facteurs non verbaux (ou préverbaux) qui ne prennent sens que par rapport aux précédents. Et pourtant, ce que vise l'analyse est une réalité psychique dont la nature est étrangère au langage, qui cependant sera modifiée par l'interprétation qui, elle aussi, est “une suite de mots“. »
Dans le cadre de notre travail commun sur les transformations, l'axe d'entrée que j'ai choisi d'aborder nous confronte d'emblée au paradoxe posé par A. Green (1992) sur le rôle du langage dans l'analyse. L'interprétation est en apparence notre seul outil, notre seul levier mais pourtant l'essentiel de notre travail se situe « ailleurs ». D'autant plus que la clinique contemporaine nous confronte à des patients qui ont des difficultés à utiliser l'ordre des mots pour communiquer, ce qui accentue d'autant ce paradoxe et renforce la difficulté. Que va donc devenir l'interprétation dans ce cadre particulier, « en deçà de la névrose de transfert » que nous avons choisi d'aborder ?
Des patients présentés par notre groupe, Rafaël est celui qui se rapproche le plus de la lignée psychotique, avec les caractéristiques psychiques qui en découlent. Dès notre première rencontre et tout au long de la première année de notre travail se sont posées pour moi, d'une façon que je pourrais dire