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La question des limites et de ses relations avec le fonctionnement psychique est envisageable sous bien des angles différents. Elle a été en évolution et l'est encore, sous l'influence du monde dans lequel nous vivons et que nous faisons, non seulement dans le domaine psychanalytique, mais sur un plan élargi de réalité culturelle, scientifique, économico-politique et sociale. Il serait pertinent, mais hors de propos du cadre qui m'est imparti, d'aborder ces différents plans sous l'angle de l'hypercomplexité au sens d'Atlan (1979). Pointons seulement que la civilisation occidentale contemporaine est marquée par un profond bouleversement des frontières: nationales et politiques (dépassées par la propagation croissante des informations, de la pollution atmosphérique, virale, radioactive, maffieuse, etc.), et celles qui sont censées séparer le virtuel du réel (suite au développement de la technologie informatique). La biologie fait s'effriter les barrières entre espèces avec l'introduction de gènes humains dans des cellules animales et végétales. Elle recule régulièrement les limites du vivant par la mise à jour d'organismes qui se développent dans des milieux considérés jusque-là comme incompatibles avec la vie. La découverte-création de la mécanique quantique a secoué les assises longtemps considérées comme inébranlables qui séparaient le domaine de l'observateur et de l'observé, le scientifique assumant maintenant le double rôle d'acteur et de spectateur.
Certains artistes ont su traduire avec leur médium spécifique les phénomènes d'altération des limites, de renversement ou d'inclusion réciproque des espaces internes et externes (Barthes, Beckett, Borges, Magritte…) et le trouble qui lui est parfois associé. Les notions de chaos déterministe et d'aléatoire ont