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Le travail de Nicole Carels m'a vivement intéressé tant du point de vue clinique qu'en raison des réflexions qu'il suscite.
Dans le bref commentaire que je propose, j'ai privilégié les images et les récits plutôt que les concepts théoriques: j'espère que la théorie sous-jacente pourra sans cesse être visible à travers les mailles de mon discours.
Une séance ne commence jamais dès le début; ce début a quelque chose à voir avec la séparation qu'il y a eu depuis la séance précédente (très souvent le « temps » du patient ne correspond pas au « temps » de l'analyste) et surtout avec ce qui s'est passé au cours de cette séance (et même, dirais je, dans les séances précédentes).
Dans le jeu psychanalytique que je fais sur le travail de Nicole Carels, j'ai la chance d'en savoir peu sur le petit patient et sur l'histoire de son analyse, ce qui me donne plus de liberté pour jouer avec son texte et me permet des considérations théoriques et des questions plus larges.
Notre petit « héros » (héros dans le sens narratif de protagoniste principal) essaie de construire quelque chose, quelque chose qui pourrait le faire flotter (le bateau), ou bien quelque chose qui a été construit dans la succession des séances (les buildings) ou encore une figuration (Botella C. et S., 2001) de son appareil psychique ou de la relation analytique, mais en réalité il importe peu de savoir de quoi il s'agit: ce quelque chose est inondé, brûlé, anéanti par des états proto-émotionnels qui détruisent tout: il ne reste plus rien de vivant.
Bien sûr, il sera important par la suite de savoir quelles émotions ne peuvent être contenues, d'où elles viennent, tout comme il serait nécessaire de découvrir les causes d'un incendie ou d'une inondation. Mais pendant que les