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À partir du riche et très dense travail des rapporteurs, la notion d‘échange agi de Jacqueline Godfrind-Haber et de Maurice Haber me servira de support pour les idées que je soumettrai à la réflexion. Cette notion me semble constituer une manifestation qui ne peut que nous frapper par sa fréquence dans notre clinique quotidienne. En contrepoint de la valeur légendaire du couple transfert/contre-transfert dans l'édifice freudien et qui a fait couler beaucoup d'encre surtout après Freud, celui d‘acting/contre-acting vient rappeler à l'analyste la réitération de l'action et de l'échange agi inconscient dont on peut constater le peu d'élaboration et de théorisation.
Ce sur quoi j'aimerais insister est l'implication d'un aspect de la temporalité, un suspens du temps de la compréhension (Haber) qui, bien que n'étant pas exclusif à l'échange agi car on peut le retrouver à d'autres moments de la cure, y demeure intimement lié. Cette suspension est doublée d'actes-réponses de l'analyste qui dans un après-coup, et toujours dans un après-coup, prennent sens dans la suite du travail analytique. L'analyste effacé du temps de Freud (conseils aux médecins) qui devait seulement permettre en tant qu'objet transférentiel le déploiement des formations de l'inconscient devient ce par quoi les fantasmes déjà déployés dans un premier temps sont agis, perlaborés et transformés dans une temporalité spécifique au régime propre d'un appareil psychique commun. Les auteurs avancent pertinemment que « les réponses agies de l'analyste ont l'effet jadis dévolu à la neutralité » et que « leur originalité, déterminée par l'involontaire subjectivité de l'analyste, insuffle une vivance particulière au processus ». Mais l'originalité de la thèse des Haber réside en ce que non seulement l'acte-réponse de l'analyste est d'une importance