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I - Un mérite essentiel du triptyque présenté par nos collègues-rapporteurs belges est d'avoir remis au travail l'idée classique selon laquelle la cure analytique est une mise en acte de l'Ics (Lacan). Et, concernant l'ambiguïté de cette référence centrale à l'acte, comment ne pas penser aussitôt à la formulation qui vient sous la plume de Freud, découvrant la nécessité d'en passer par le transfert (activation, actualisation, agieren): « Nul ne peut être tué in absentia ou in effigie. » Formulation paradoxale en ce qu'elle semble, dans un même mouvement, convoquer et révoquer l'animisme psychique, la toute-puissance du penser; formulation cruciale aussi en ce qu'elle semble placer au cœur de l'action analytique l'enjeu du meurtre, posant la question évoquée par A. Beetschen, du statut du meurtre psychique, prolongement du meurtre inaugural du père de la horde: « Au commencement était l'acte », conclut Totem et tabou.
II - Les vignettes cliniques présentées - et j'y inclus le beau cas de Denys Ribas - sont précieuses en ce qu'elles rendent évidente la nécessité du concept très général de transformation psychique, dès lors qu'on se situe dans le cadre d'une métapsychologie des processus (R. Roussillon) qui ne se limite pas au champ clos de la représentation. Les transformations englobent en subvertissant leurs limites, toutes les catégories de présentation phénoménale, et, en particulier, la trilogie de la pensée, de la parole et de l'acte; elles les envisagent avant tout sous l'angle de leurs relations dynamiques virtuelles d'opposition, d'étayage, de substitution.
Ainsi, par exemple: la parole peut être décrite par Freud, dans L'interprétation des rêves, comme contre-investissement de la tendance regrédiente de la pensée imageante, dont l'accomplissement hallucinatoire constituerait