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Les rapports au congrès de Bruxelles témoignent d'une évolution en profondeur du mouvement psychanalytique dans la façon d'envisager le rapport entre parole et agir dans la cure. C'est que, dans nombre de cas difficiles (cas « limites », dit-on), l'instauration du processus subjectivant apparaît résulter d'une véritable conquête mobilisant l'activité conjointe de l'analyste et du patient. Cette façon de considérer l‘interaction comme porteuse de processus prend appui, chez beaucoup de psychanalystes de langue française, sur une façon nouvelle d'envisager la pulsion elle-même: comme résultant d'une rencontre entre les motions premières émanant de l‘infans ET les réponses maternelles à ses accroches, réponses chargées à la fois de signifiance et de sexualité1.
On peut certes comprendre que Freud, au moment de fonder la psychanalyse en tant que cure de parole, ait eu besoin d'insister sur la dimension défensive d'un agir en séance, pour autant que celui-ci revient à préférer « répéter au lieu de se souvenir » (Freud, 1914)2. Il reste que nombre de nos patients d'aujourd'hui s'avèrent « limites » en ceci que l'agir prend chez eux une place régulatrice prépondérante, au détriment des formations névrotiques résultant du refoulement. Plus encore que d'autres, ces cas imposent leur maladie « non comme un événement du passé mais comme une force actuellement agissante » (Freud, 1914). Certaines données de leur histoire insuffisamment représentées par des images ou par des mots, du fait de leur potentiel