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Dans la foulée de Winnicott et de Bion prenant pour modèle les échanges précoces entre la mère et l'enfant, la question des transformations dans l'analyse nous mène à interroger la contribution contre-transférentielle de l'analyste dans le développement des processus de subjectivation et de symbolisation chez l'analysant. Les rapporteurs belges au dernier Congrès des psychanalystes de langue française se sont engagés dans cette voie qui privilégie le rôle de l'objet et l'en deçà de la névrose. Dans leur chapitre intitulé « L'expérience agie partagée », Jacqueline Godfrind-Haber et Maurice Haber (2001) soulignent ainsi la dimension interactive d'une psychanalyse où « l'acte appelle l'acte »: l'analyste est soumis à des messages infraverbaux agis par le patient auxquels il répond nécessairement par le même registre de fonctionnement. Cet échange inconscient tournerait court ou plongerait dans la persécution sans l'analyse contre-transférentielle, carrefour capital pour passer de l'agir à la pensée. Les transformations psychiques sont favorisées, supposent les auteurs, « par la participation de l' “objet transformationnel” que constituent les capacités de travail psychique inconscient de l'analyste ».
Les rapporteurs donnent une fonction de médiation à cette activité du psychisme de l'analyste dans l'épanouissement des capacités de symbolisation de l'analysant. Ils proposent le terme de contre-transfert symbolisant pour qualifier cette disposition psychique de l'analyste qu'ils associent à une « fonction transformatrice », comme Bollas (1979), disent-ils, a pu le décrire chez la mère en tant qu' « objet transformationnel ».
L'accent ainsi placé sur la fonction symbolisante de la mère et de l'analyste découpe un relief dans un vaste paysage que la psychanalyse n'a de cesse d'explorer. De même que nous reconnaissons différents niveaux de symbolisation,