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Notre économie psychique est mouvante. La structure des investissements de nos objets se modifie avec les aléas de la vie et les pertes objectales et narcissiques, avec les satisfactions aussi. L'urgence nous fait parfois nous découvrir autres. Devons-nous nous définir par l'organisation la plus habituelle de notre économie psychique, ou par celle à laquelle nous recourrons en cas de crise ? Nos patients nous apprennent combien ils diffèrent, singuliers dans leur individualité bien sûr, mais témoignant aussi de destins différents de la construction psychique. Ils nous confrontent également à des hétérogénéités structurales. Nous avons depuis longtemps perdu l'illusion d'une normalité, mais les patients nous ont dépossédés de bien d'autres évidences. États limites, organisations psychosomatiques ont bousculé la nosologie psychanalytique fondée sur le triptyque névrose, psychose et perversion en effractant les limites du fonctionnement psychique. La dépression et les pathologies du narcissisme ont pris le pas sur les problématiques de l'investissement libidinal. Dans mon interrogation sur la naissance psychique, la rencontre des autismes infantiles et de leurs défenses non projectives m'a ôté les quelques certitudes qui me restaient: l'évidence de soi, de l'objet et du monde, celle aussi de l'espace et du temps. Ceci ne peut être sans conséquences sur notre pensée du psychisme. Nous ne pouvons plus nous passer des apports dérangeants de Winnicott et de Bion.
À l'opposé d'une tentation actuelle de renier l'importance de la sexualité, contre laquelle se sont élevés l'an passé César et Sára Botella, la métapsychologie