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Il y a quelque incivilité dans un congrès en partie consacré aux notions d'intrication et de désintrication, aux associations entre Éros et Thanatos, à rappeler que la seconde théorie des pulsions reste controversée et que pour de nombreux psychanalystes, parmi lesquels je me range, « pulsion de vie » et « pulsion de mort » sont des notions confusionnantes et qu'elles relèvent autant de la métabiologie que de la métapsychologie. Il est frappant de voir que les auteurs qui partagent ce point de vue sont en fait assez nombreux mais que la mode ne les suit pas. Sacha Nacht, Evelyne et Jean Kestemberg, Pierre Marty, Robert Barande, Bélà Grunberger, Janine Chasseguet-Smirgel, Ilse Barande, Claude Le Guen, Michel de M'Uzan, Paul Israël, Jean Laplanche - et beaucoup d'autres en dehors de France, sans oublier Winnicott - ont l'outrecuidance de penser la théorie psychanalytique sans se fonder sur la pulsion de mort.
L'introduction de la pulsion de mort a immédiatement été ressentie par les psychanalystes contemporains de Freud comme un corps étranger par rapport à l'édifice - déjà très élaboré1 - de la théorie psychanalytique de l'époque et a constitué d'emblée une énigme: pourquoi la pulsion de mort ?