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Lorsque nous abordons la civilisation et ses malaises, dont le plus « überdeutlich » est le meurtre de masse, souvent d'État, nous devons avoir constamment à l'esprit que nous quittons le domaine propre à la psychanalyse. Nous appréhendons un nouvel objet, qui nous est, du moins de façon directe, littéralement opaque.
Cela nous impose donc une rigueur extrême afin d'éviter d'appliquer nos concepts à un objet qui ne s'y prête pas directement, à un objet étranger, situé hors de notre domaine princeps: nous courrions le risque d'un verbiage illusoire, sans la moindre prise sur un objet qui se dérobe.
Comme le souligne fortement Claude Le Guen dans son article « La psychanalyse est une anthropologie », il s'agit du même être humain que celui que nous traitons dans nos cures. Mais nous devons souligner tout d'abord qu'au niveau de la civilisation, cet homme se retrouve en foule, en foules de différentes structures, fonctionnant dans le cadre d'institutions que les êtres humains ont construites en fonction de leurs interférences. En second lieu, nous analysons un individu qui présente une certaine complexion pathologique, et notre projet est de guérison. Quand bien même réussirait-on à faire admettre que le meurtre totalitaire, ou les massacres de masse, peuvent recevoir le qualificatif de pathologique rapporté au destin de l'humanité, encore faudrait-il démontrer que ce qualificatif - je doute toutefois qu'on soit habilité à parler de pathologie sociale - dût s'appliquer également à l'individu qui tue dans ces conditions. Il n'y a en effet aucune implication, ni logique, ni psychanalytique de l'un à l'autre. L'hypothèse inverse - ne pas insérer ces faits dans la pathologie - me semble plus heuristique:
1 / Le meurtre de masse n'est pas pathologique en soi: il signe au niveau social une rupture de civilisation qui en impose pour de la pathologie si l'on