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Peut-être parce qu'elle procède avant l'heure de l'orage, de l'inquiète pause, de l'alentissement silencieux qui semble vouloir se prolonger avant que ne s'abattent foudres et tonnerres, l'œuvre proustienne met en jeu comme peu d'autres l'imbroglio et la dissection des mouvements de vie et de mort. Reflétant les déchirements qui ont marqué sa vie, anticipant ceux qui vont meurtrir son temps1, l'écrivain explore tout au long de son œuvre une certaine décomposition du psychisme et du temps, le travail du retour, de l'immobilité, voire du délitement, mais non sans qu'ils ne soient incessamment objets de reprise, d'assemblage, de pensée et, pour finir, d'édification de la grande architecture que l'on sait.
La simultanéité, la rencontre de deux lectures, celle du rapport de Denys Ribas et celle d'un livre de Jérôme Prieur2 sur Proust, m'a conduit à dessiner quelques figures proustiennes de l'intrication. Sans tenir à faire coïncider trop exactement les concepts freudiens et la pensée de Proust, j'ai construit trois moments dans lesquels on verra, peut-être, une présentation et un questionnement de ce jeu si variable entre intrication et désintrication pulsionnelle.
Les épisodes sont connus, ils se réfèrent au texte de la Recherche et à la vie de Marcel Proust, telle que des témoins - Morand, Céleste Albaret… - et surtout la synthèse magistrale de George D. Painter nous l'ont fait entrevoir3. Chez Proust bien souvent, c'est l'œuvre qui est en gésine de la vie: j'ai