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L'homosexualité comprise comme les relations sexuelles entre partenaires du même sexe est une réalité très anciennement connue : dans l'Antiquité, par exemple, le Banquet de Platon ou les poèmes saphiques l'attestent. On la rencontre dans les cultures les plus diverses, tour à tour codifiée dans des rituels initiatiques — comme c'est le cas des Baruya de Nouvelle-Guinée1, parce que ces pratiques sont censées contribuer à la reproduction de la vie — ou marginalisée, honteuse, voire sévèrement pénalisée. Les grandes religions — judaïsme, christianisme, islam —, les condamnent sans réserves. Si les signes de tolérance sont plus nombreux aujourd'hui, et si l'homosexualité est de plus en plus considérée comme un comportement sexuel différent, c'est une évolution récente, et qui concerne surtout les sociétés européennes et nord-américaines. En Occident comme en Orient, l'homosexualité a longtemps été considérée comme un comportement déviant, immoral, voire pervers, et reste pénalement poursuivie dans quelques pays.
Au début du XXe siècle, l'hégémonie médicale prenant le relais de l'hégémonie de la religion, l'homosexualité accède au statut de pathologie. Il est tentant d'en faire une approche biologisante. Certains vont l'expliquer par la théorie de la dégénérescence, tout comme aujourd'hui on se demande, outre-Atlantique, s'il n'y a pas un gène de l'homosexualité. Mais ces déplacements dans le discours théorique indiquent les changements dans les représentations sociales de l'homosexualité, plus qu'ils n'en éclairent la nature.
La grande innovation de Freud est de considérer l'homosexualité comme une position subjective. On ne naît pas homosexuel, on le devient. Freud a emprunté à Fliess l'idée d'une bisexualité psychique. Mais il s'est éloigné des