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« Le choix d'objet homosexuel est présent dans la vie psychique normale. »
« Il n'y aura […] que des homosexualités, dont le pluriel déjouera tout discours constitué, au point qu'il apparaît presque inutile d'en parler. »
« L'avenir est à Freud », proclamait Jean Genet en 1935 ; pour lui, la théorie de l'inconscient était porteuse de possibilités nouvelles d'échapper aux principes contraignants des morales instituées. Aujourd'hui, alors que psychanalyse et homosexualité ont acquis un certain statut dans la société (occidentale), on ne peut que constater le malaise et les contradictions dans leurs relations réciproques. Si nombre d'homosexuels sont en analyse — cela non du fait de leur homosexualité, mais pour se libérer de symptômes qui les font souffrir —, le discours de leurs « penseurs militants » est d'une grande virulence, accusant la psychanalyse de vouloir « normaliser » leur orientation sexuelle en privilégiant la différence des sexes.
La discorde entre homosexuels et psychanalystes — et cela à l'intérieur même de la communauté analytique — s'enflamme dès lors qu'on convoque la figure du psychanalyste homosexuel. Pour Freud, l'homosexualité, étant une variante du choix d'objet sexuel, ne constitue pas un critère de sélection pour les candidats analystes. Position rejetée en son temps par Jones et la majorité des élèves de Freud et faisant l'objet aujourd'hui de controverses au sein de l'API sur la constitution de groupes de psychanalystes homosexuels réservés aux analysants de même orientation.
Les notions d'homosexualité et de psycho-sexualité émergent à la même époque mais se réfèrent à des courants de pensée distincts. Soulignons que