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Dès lors qu'il s'agit de sexualité, la psychanalyse — aussi bien la théorie que la compréhension clinique et le traitement — doit, d'une part, rattraper le niveau de la culture et de ses propres découvertes cliniques, et, d'autre part, revenir à Freud. Que nos reconsidérations aient lieu dans un contexte culturel et politique ne les déprécie pas, ni ne leur enlève de leur perspicacité. Les psychanalystes français ont été les premiers à affirmer que, lorsqu'il s'agit d'appartenance à un sexe et de sexualité, nous nous trouvons toujours en partie dans le domaine de la culture. Le langage nomme nos corps, la masculinité et la féminité ; nos identités, nos fantasmes et nos désirs passent par le filtre non seulement des fantasmes des parents — fantasmes eux aussi empreints de langage —, mais aussi par celui des histoires culturelles et des institutions comme le mariage, la parentalité, la religion et la politique.
Nous sommes également dans le domaine de la réalité clinique. Nos précédentes universalisations et généralisations — tant sur l' « hétérosexualité » et l' « homosexualité » que sur les relations entre celles-ci et la pathologie — s'effondrent. Nous sommes confrontés à la découverte que chaque individu particulier sur le plan clinique a sa propre sexualité personnellement individualisée et dont la description exige beaucoup plus qu'une généralisation sur le sexe de l'objet en rapport avec le self (Chodorow, 1994). D'une séance à l'autre, nous passons d'un patient identifié comme homosexuel, ayant un travail créatif et vivant depuis longtemps une relation d'amour stable et s'occupant des enfants que son partenaire a eus d'un précédent mariage, à un autre, hétérosexuel, marié cinq fois, dragueur compulsif, plein d'une colère