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Freud nous dit, dans Trois essais sur la théorie de la sexualité, que le seul point sur lequel l'évolution psychosexuelle de la fille lui paraît différente de celle du garçon réside dans le fait que le penchant au refoulement sexuel serait plus précoce et plus intense chez elle que chez lui. Cette tendance défensive était, alors, à mettre sur le compte de la plus grande éducabilité des fillettes, leur faisant édifier de façon rigide des « digues morales ». Il n'était pas encore fait allusion à la faiblesse du surmoi féminin. Ce n'est que plus tardivement, sous l'impulsion des recherches de certains de ses disciples, surtout des analystes femmes, que Freud reconnaît l'importance de l'attachement de la fille pour sa mère, cela, avant qu'elle ne s'en détourne pour prendre le père comme objet de ses désirs. Freud écrit alors que « tout ce qui touche au domaine de ce premier lien avec la mère… est soumis à un refoulement particulièrement inexorable ».
Les assertions évoquant la force du premier lien de la fille avec sa mère nous amènent à interroger la place qu'occupe l'homosexualité dans l'organisation psychique de la femme. Il ne sera pas fait cas, ici, de l'homosexualité féminine agie mais de l'homosexualité latente qui se dévoile, sous ses aspects variés : dans les relations d'objet des patientes.
Mon propos est de montrer que, chez certaines d'entre elles, la violence des griefs adressés à la mère est très longtemps maintenue dans une répétitivité enlisante. Le processus analytique ne pourra faire évoluer ce mode relationnel que par la mise au jour de la séduction maternelle qui fut trop intense dans le passé et laissa sa trace dans le corps de la fille, marquant ainsi la nature du conflit qui s'ensuivra.
Dans le livre La sexualité féminine1 paru, sous la direction de J. Chasseguet-Smirgel,