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« La femme vit deux conflits œdipiens, l'un procédant d'une loi quasi biologique inscrite dans la destinée d'être mère et qui aurait tendance à minimiser le rôle de l'homme, et un autre conflit, marqué par la loi du père qui contient en elle-même la négation et l'affirmation simultanées de la sexualité féminine, la valorisation séparée du clitoris, et la subordination de la maternité à la paternité » (D. Braunschweig, M. Fain, Éros et Antéros, p. 78).
C'est en me fondant sur cette double approche du conflit œdipien que je voudrais aborder la question de la transmission maternelle et, avec elle, celle de l'homosexualité entre mère et fille. À travers cette référence j'envisagerai aussi la question du changement d'objet, c'est-à-dire du passage à l'hétérosexualité, pendant significatif du premier terme. Sans entrer dans une discussion sur les thèses défendues par ces deux auteurs à propos du refoulement primaire du vagin comme moment constitutif de la féminité de la fille et de son accès au nouvel objet d'amour, je m'attacherai à leur intérêt pour ce mouvement croisé, supposé organiser la filiation féminine.
Le moment duel, où la relation mère-fille vient habiter l'ordonnance plus classiquement admise de la triangulation, sera l'axe d'un premier temps de réflexion sur la constitution de l'identité de la fille. Reste que le deuxième mouvement, celui qui réinscrit la loi paternelle dans l'émergence du féminin et du maternel de la fille de la femme, n'est pas sans brouiller les cartes. Il invite, en effet, à réinterroger la temporalité dont ces allégeances sont porteuses : succession, contemporaneité, remaniements respectifs, telles sont les interrogations ouvertes par l'articulation des deux pôles du couple parental. L'accent reporté sur le pôle maternel, dans la manière d'envisager l'Œdipe de la fille, marque une fidélité aux positions freudiennes. Il engage malgré tout un débat dont l'histoire du mouvement analytique porte la trace, celui du poids et de