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Mon travail repose sur l'hypothèse de différents aspects de l'homosexualité au plan de la psychopathologie. Il n'y aurait pas une homosexualité, mais plus que des homosexualités, des modalités très différentes de relations en fonction de la structure psychique sous-jacente. Comme le soulignait Évelyne Kestemberg (1984) dans son travail sur l'homosexualité primaire, on est souvent amené à parler de « l'homosexualité en termes d'être et d'hétérosexualité en termes d'investissement », l'attitude normalisante semblant alors proche de prendre le pas sur des considérations plus psychanalytiques. La question de l'homosexualité de l'adulte pourrait se poser au regard de l'homosexualité primaire commune aux deux sexes, de sa qualité et de son déroulement, renvoyant au chemin commun parcouru par le garçon et la fille dans le développement de leur psychosexualité. Comme le souligne Monique Cournut-Janin et Jean Cournut (1993) dans leur étude sur La castration et le féminin dans les deux sexes : «… les enfants, aussi bien garçons que filles, sont, au départ, en position d'identification hystérique à la mère, c'est-à-dire de réceptivité et de passivité à l'égard du pénis. »1 Mais la question serait aussi à poser de ce destin commun aux deux sexes au regard de la potentialité traumatique des périodes les plus précoces de l'organisation du narcissisme du sujet.
Le cas d'une patiente homosexuelle que j'ai appelée Cécile m'est apparu se situer dans le cadre d'une problématique narcissique, ne lui permettant pas de sortir de l'homosexualité primaire du fait d'une fixation infantile à la mère telle que Freud la considère dans De la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine (1920) : « … un courant homosexuel… était vraisemblablement la