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Le parcours préœdipien que la féminité doit accomplir pour se constituer, nous rend attentifs à l'ancrage, dans cette période, de la phase de masculinité. Celle-ci trouve alors dans la cure tout l'espace de son redéploiement et nous autorise à penser que ce qui s'était trouvé bloqué lors de la résolution de l'Œdipe, va pouvoir se remettre en mouvement grâce à la mise en œuvre du procès de la cure. Cette émergence du masculin dans le féminin n'est pas sans conséquences sur la relation transférentielle. C'est ainsi que la question de l'existence spécifique d'un contre-transfert au féminin est encore à reposer, enrichie et compliquée par les occurrences d'une homosexualité inconsciente qui peine à être reconnue tant chez l'analyste que chez son patient. La trajectoire insolite des résistances demande de nombreux réajustements chez l'analyste, et peut provoquer une série d'interrogations : serions-nous, dans la relation thérapeutique, totalement pris par la corporéité du transfert ? Le fait d'être femme viendrait-il donner à l'écoute transférentielle une qualité particulière ? Il nous appartiendra de voir ici comment les facettes homosexuelles de l'expression transférentielle peuvent en certains cas alimenter les résistances. Ce questionnement se doublera d'une série d'emblèmes en apparence œdipiens auxquels Cécile, ma patiente, et moi-même, avons été confrontées durant huit années.
À partir du phénomène d'incorporation de la figure encryptée d'un grand-père suicidé, dont Cécile va chercher à jouir de manière clandestine jusqu'à se constituer une pseudo-identification, je la suivrai sur la voie de ce qui, dans les premiers temps de la cure, m'apparaissait tissé du fil de la mélancolie. Mais « les complaintes du mélancolique traduisent un fantasme : la souffrance, imaginaire, de l'objet endocryptique, fantasme qui ne fait que masquer la vraie souffrance, inavouée celle-là, d'une plaie, que le sujet ne