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On prend désormais davantage de précautions méthodologiques lorsqu'on avance une idée dans le domaine de l'homosexualité.
En premier lieu, il est utile de veiller à ce que ladite idée ne soit pas infiltrée d'idéologie, fût-ce sur un mode subtil. Cela rappelle, peu ou prou, les débats que nous avons eus dans notre Société en tendant à distinguer norme (mouvante, car évolutive) et normativité (fixiste). Ainsi, la pression qu'exercent certain(e)s homosexuel(le)s pour devenir parents a conduit à modifier la réponse favorable à la demande. En effet, cette limite était auparavant atteinte si l'on déclinait son identité d'homosexuel(e). De nos jours — du moins, et évidemment, dans certains pays occidentaux seulement —, si cette limite n'a pas disparu, il n'en reste pas moins qu'elle commence à se déplacer en partie en ce qui concerne le souhait d'être parent. Un facteur a participé à cette évolution. Il devenait en effet osé de prétendre qu'il y aurait davantage de psychopathologie chez des enfants d'homosexuel(le)s que chez les enfants d'hétérosexuels. De fait, la condition hétérosexuelle ne garantit rien, même si on tente de contourner la difficulté en avançant qu'elle est nécessaire mais pas suffisante. C'est risquer de superposer la réalité anatomo-physiologique aux idéaux. Toujours est-il que bon nombre de travaux sociopsychologiques, principalement anglo-saxons, se sont chargés de montrer que, contrairement à ce qui était prétendu, y compris par certains psychanalystes, on ne trouvait pas, chez les enfants d'homosexuel(e)s, plus de perturbations dans l'identité de genre ou dans le comportement, le rôle, afférant à cette identité, que dans les familles traditionnelles, et qu'on ne trouve pas plus de différences par rapport à des items comme fonctionnement cognitif, problèmes comportementaux ou émotionnels.