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À la mémoire de R. Barande
On ne saurait trop remercier les rédacteurs de ce numéro de la Revue française de Psychanalyse d'utiliser dans son titre le terme « homosexualité » au pluriel.
Ce bref travail clinique réalisé à l'occasion du colloque interne de notre société soutiendra cette option de pluralité en utilisant une expérience d'analyste de patients adultes et enfants, notamment à travers des consultations recevant des enfants et leur famille.
Le vocabulaire des disciplines scientifiques utilise parfois des termes qui leur sont propres, parfois des termes empruntés au langage courant ; le choix du qualitatif ou du substantif homosexuel est, de ce point de vue, dans une situation particulière : — du point de vue psychanalytique, la question de l'homosexualité est de façon essentielle l'homosexualité psychosexuelle, latente notamment, inconsciente, constitutive d'une des deux faces du complexe d'Œdipe — que nous qualifions quelquefois de négative (? …) quoique ses fonctions dans l'organisation de la psyché apparaissent tout à fait centrales dans les deux sexes et jouent un rôle semble-t-il déterminant dans les productions psychiques spécifiques de notre espèce.
Il en est autrement du point de vue de l'opinion générale : l'homosexualité y est un ensemble de comportements sexuels manifestes ; dans la période de changement culturel et social coexistent, sur le sujet ainsi défini, des points de vue assez différents pour être quelquefois totalement opposés : tantôt le comportement homosexuel est affiché publiquement avec fierté, éventuellement accompagné de revendications identitaires, parfois appuyées sur des constructions étiologiques biologiques, génétiques, tantôt il est éprouvé dans l'inquiétude, l'anxiété, la culpabilité, la honte ; cette diversité contradictoire est également retrouvée dans l'opinion où, à côté d'un secteur ouvert, tolérant